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L’ekthesis de Chariclée dans les Éthiopiques d’Héliodore

Pierre-Louis Malosse
Cette contribution présente la situation d’abandon d’un nouveau-né (ekthesis) qui sert d’argument aux Éthiopiques d’Héliodore (IVe s. ap. J.-C.). Non seulement l’ekthesis était une pratique courante et presque institutionnelle dans les cités antiques, mais encore elle constitue un motif fréquent dans le mythe et dans la littérature grecque de fiction. Chez Héliodore, elle a un rôle moteur, et l’on peut en repérer la trace dans le texte de deux passages (II, 31-33 et IV, 8),...

Vie et vicissitudes de Mademoiselle Le Blanc, sauvageonne de Champagne

Anne Richardot
Cet article retrace la vie de Marie-Angélique Le Blanc, nom donné à une sauvageonne trouvée en Champagne au début du XVIIIe siècle, à partir de l’ouvrage signé par une certaine Mme Hecquet, Histoire d’une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à l’âge de dix ans (1755). On imagine combien ce cas, aussi rare par l’acculturation réussie qu’intrigant par la difficulté à reconstituer l’histoire de la protagoniste, a passionné les contemporains.

Variations cicéroniennes autour de la dédicace

Carlos Lévy
Les Académiques constituent un cas particulier dans la pratique cicéronienne de la dédicace philosophique. En effet, la substitution de Varron à Lucullus et à Catulus n’est pas simple artifice littéraire, mais refonte du sens de l’œuvre, dont la lettre Fam. IX, 8 est l’expression la plus achevée.

Dédi(cac)er l’obscène

Laure Chappuis Sandoz
Figurent dans les Carmina Priapea des pièces liminaires qui rappellent les dédicaces de Catulle ou de Martial, et des poèmes votifs au dieu phallique qui exploitent le modèle de l’épigramme hellénistique. Le propos est de montrer l’articulation qui s’opère ainsi entre littérature, sacralité et obscénité.

L’adresse de Giovanni Pontano à Girolamo Carbone dans l’élégie I, 40 de l’Eridanus

Hélène Casanova-Robin
L’adresse de G. Pontano à G. Carbone, dans l’élégie I, 40 de l’Eridanus, illustre la vertu sociale de convivialité, définie par l’humaniste dans l’un de ses traités éthiques. On y retrouve un idéal de civilité, indissociable d’une exploration subtile du langage conçu comme le vecteur prioritaire de la véritable humanitas.

Conclusion

Jean-Claude Julhe

Le problème des écrivains absents dans les dictionnaires

Pierre Brunel
On constate parfois dans les dictionnaires de littérature que des noms d'écrivains attendus, des titres d'ouvrages diversement importants, sont absents. On s'interrogera sur les causes qui vont des goûts de l'auteur du dictionnaire en passant par son absence d'information. Il faut évidemment tenir compte des problèmes de date pour relativiser les choses.

« Et maintenant place au théâtre »

Cettina Rizzo
L’illustre tradition du théâtre français trouve, enfin, avec le Dictionnaire historique et pittoresque d’Arthur Pougin sa codification linguistique en 1885 ; ce genre littéraire acquiert, à la fin du XIXe siècle, un important statut formel. L’auteur donne une place considérable à tous les éléments techniques de la pratique théâtrale et privilégie le côté populaire et ludique. L’ouvrage révèle alors son aspect original et fascinant : la tentative d’harmoniser les théories constitutives et l’exécution scénique.

Le Dizionario critico della letteratura francese de Franco Simone

Ida Rampolla Del Tindaro
Le Dizionario critico della letteratura francese, paru en 1972 à Turin sous la direction de Franco Simone, est le fruit du travail d’un grand nombre de spécialistes italiens et étrangers et fait le point de manière critique sur les grands auteurs, les grandes thématiques et les grandes œuvres de la littérature française. Il touche en particulier le rapport entre la critique et l’histoire et entre la tradition et l’innovation et présente un état des lieux...

Les dictionnaires de littérature

Alessandra Della Penna
Cette étude se focalise sur le Dictionnaire des écrivains marocains par Salim Jay (Eddif - Paris Méditerranée, 2005), présentant un scénario hétérogène du panorama littéraire marocain où foisonne une littérature plurilingue, au pays et dans l’immigration. À partir de la spécificité de ce dictionnaire quelque peu insolite, cet article s’attarde sur sa structure, afin de saisir les enjeux qui lui sont propres, ainsi que son apport dans la connaissance des littératures.

La femme guerrière dans les Histoires tragiques de François de Belleforest

Maroua Eudes-Feki
Trois histoires tragiques de François de Belleforest illustrent l’image de la femme guerrière : celle de Lagertha, héroïne norvégienne, celle de Boadicée, reine de Grande-Bretagne et celle de Valasque, héroïne bohémienne. À travers ces histoires, l’auteur rend hommage aux femmes qui se sont illustrées par le courage et soulève plusieurs problématiques telles que la hiérarchie des sexes ou l’éducation des femmes.

Les histoires tragiques de Belleforest

Gérard Milhe Poutingon
L’étude porte sur l’importance du paradigme visuel dans la poétique des histoires tragiques, dont la vocation est d’offrir des exemples de vices et de vertus. Les auteurs définissent fréquemment l’exemplarité comme une force, dont ils interrogent la nature mystérieuse. Il s’agit de montrer que cette « force cachée », cet « instinct secret », repose sur la complémentarité entre lire et voir, la vision abstraite de l’entendement et le regard concret s’avérant solidaires dans la...

Index des noms

Table des illustrations

Barbey et le Grand Siècle

Pierre Glaudes
Les allusions au Grand Siècle sont fréquentes dans l’œuvre de Barbey d’Aurevilly. Celui-ci aborde cette période dans une perspective antimoderne pour en dégager l’esprit. Le pessimisme oriente sa vision : le XVIIe siècle, dans l’Histoire universelle, est l’interruption momentanée d’une chute collective qui continue au XIXe. En littérature comme en politique, la limite de l’admiration pour cet âge d’ordre, de clarté et d’harmonie, tient à ce que ce temps heureux n’a d’autre existence qu’idéale et...

Barbey d’Aurevilly ou la solution par le passé

François Raviez
Barbey d’Aurevilly, lecteur assidu de Saint-Simon, partage avec le mémorialiste une vision du monde fortement hiérarchisée, et, comme lui, se fait le contempteur farouche des innovations de son époque. Lire en parallèle les Mémoires de l’un et les romans de l’autre permet de montrer que la tradition constitue pour ces deux auteurs un remède aux dérives de la modernité : le passé, à la fois histoire et utopie, les sauve du présent.

Barbey lecteur de Bossuet

Jean-Baptiste Amadieu
Si Bossuet séduit d’abord Barbey par le panache de son style, l’admiration prend ensuite un tour confessionnel. Barbey puise chez lui une part de son providentialisme et de son anti-protestantisme. Il discerne aussi en Bossuet un fond de mélancolie et de poésie qui tranchent avec la majesté du prélat. Mais à partir des années 1870, il lui reproche ses complaisances gallicanes et cartésiennes, sa conception du « Christ aux bras étroits » et la lourdeur...

Les transformations du modèle classique

Alexandra Delattre
Le rapport de Barbey d’Aurevilly à l’âge classique s’inscrit dans l’histoire de l’esthétique catholique en formation. Il est marqué par la rupture avec un classicisme compris comme imitation de l’Antique, l’esthétique catholique rompant avec ce qui a été longtemps l’étalon du Beau à la française. La parution en 1851 du Ver rongeur des sociétés modernes ou le Paganisme dans l’éducation de l’abbé Gaume constitue ce tournant définitif, dont cet article suit les développements.

Barbey d’Aurevilly et la maxime

Reto Zöllner
L’article étudie la relation de Barbey avec la maxime et la tradition moraliste du Grand Siècle sous trois points de vue : son admiration pour la culture mondaine du XVIIe siècle dont la maxime est une expression parfaite ; la poétique de la maxime à l’épreuve des Maximes et Pensées de Balzac et des Pensées détachées ; ainsi que le statut discursif de la maxime dans l’œuvre critique aurevillienne, donc sa valeur rhétorique et argumentative.

Barbey d’Aurevilly spectateur classique

Marie-Françoise Melmoux-Montaubin
La perception du théâtre classique par Barbey d’Aurevilly est fondée sur le paradoxe. S’il apprécie sa nature aristocratique, il renverse la hiérarchie traditionnelle en valorisant la comédie contre la tragédie ; réclamant le respect des règles et le refus du mélange des genres, il dénonce aussi les limites que le respect des unités impose au génie. Le détour par le théâtre antique est l’occasion pour lui de promouvoir un « autre » classicisme, « catholique...

Table des matières

De Shylock à Cinoc

Philippe Zard
L’essai explore les avatars littéraires du signifiant juif : Shakespeare, Lessing et Joyce rencontrent l’énigme du « Juif charnel » ; un singulier front judéo-chrétien se forme en 1943 pour la défense du Décalogue ; de Kafka à Perec, des écrivains expérimentent des manières inédites de « judaïser ».

Index des noms propres

Table des matières

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